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nov. 22, 2014

À la vie réalisé par Jean-Jacques Zilbermann

ccec inédit !,ciné-club éducatif et culturel asbl,a la vie,jean-jacques zilbermann,danièle d'antoni,odile barski,julie depardieu,johanna ter steege,suzanne clément,hippolyte girardot,eric slabiak,rémy chevrin,athéna filmsLe film "À la vie" réalisé par Jean-Jacques Zilbermann sera projeté au CCEC le Jeudi 20 novembre 2014 à IMAGIX - Mons.

Interprétation : Julie Depardieu (Hélène), Johanna ter Steege (Lili), Suzanne Clément (Rose), Hippolyte Girardot (Henri), Mathias Mlekuz (Raymond), Benjamin Wangermee (Pierre), Audrey Quoturi (Invitée mariage), Anne-Marie Pisani, Patrick Ligardes (Acteur), Béatrice Michel (Actrice), Maria Pitarresi (Actrice), Chelssy Bottier (La fille de la concierge), Matthieu Le Garrec (Acteur), Maxime Le Garrec (Acteur), ...

A propos du film : Chaque année, ma mère nous annonçait : "Je vais à Auschwitz-les-Bains" Et cela nous faisait rire.

"À LA VIE" est une fiction intimement liée à mon histoire personnelle. Je suis né dans une famille où j’ai eu la chance d’avoir trois mamans : Irène, qui était ma vraie mère, mais il y avait aussi Paulette et Annie, ses deux amies de déportation. Elles s’étaient rencontrées à Auschwitz, en 1944, dans le malheur. Elles s’étaient serré les coudes et l’union faisant la force, elles avaient survécu.

Après la guerre, les trois femmes s’étaient mariées, chacune de leur côté, mais toutes les trois avec un ancien déporté. Elles avaient changé de nom et s’étaient perdues de vue à la suite de nombreux déménagements. Ce n’est que vingt-cinq ans plus tard qu’elles s’étaient retrouvées.

Elles étaient comme trois soeurs. Maman habitait Paris, Paulette Montréal et Annie Amsterdam. Tous les ans, elles partaient en vacances ensemble pour quelques jours, au bord de la mer, sans leurs maris, sans leurs enfants. Elles avaient tellementà partager !

À la fin des années 1980, j’ai pris une caméra et je suis parti les rejoindre.Je me disais que ces trois femmes étaient des survivantes mais que cela ne les rendait pas pour autant éternelles. C’est pourquoi j’ai réalisé un documentaire, IRÈNE ET SES SOEURS, qui est devenu avec le temps notre film de famille.

Aujourd’hui elles ne sont plus là et je me sens libre de raconter cette histoire de fraternité, ou devrais-je dire de sororité, avec les moyens de la fiction.

Pour écrire ce film, je me suis appuyé sur leurs témoignages et sur ceux d’autres survivants. Bien sûr, il y a une grande part d’imagination, mais tout ce qui a trait à Auschwitz est vrai.

J’ai grandi parmi toutes les images de la déportation. Elles étaient là, partout, dans les livres qui traînaient au salon, sur la table de la cuisine ... Maman disait toujours : "On ne doit pas avoir peur de regarder l’horreur. Ça n’a de toute façon rien à voir avec le fait de la vivre." J’ai été le témoin privilégié de la résurrection de ces trois femmes. Quand elles étaient ensemble et qu’elles se racontaient leur déportation, elles n’avaient pas toutes la même mémoire des choses. Souvent, elles se disputaient mais très vite, elles se mettaient à rire. Elles étaient très joyeuses et je me suis toujours dit que c’est probablement grâce à ça qu’elles avaient survécu.

En écrivant ce scénario, j’avais toujours en tête cette phrase de Simone Weil : "Aujourd’hui encore, le camp nourrit notre esprit et je dirais presque notre bavardage, parce que de façon tout à fait extraordinaire, quand nous parlons du camp, nous sommes obligés d’en rire pour ne pas en pleurer". Quand ma mère partait l’été rejoindre ses copines de déportation au bord de la mer et que mon père, un peu jaloux, lui demandait où elle allait, elle répondait toujours : "À Auschwitz-les-Bains !" et ça nous faisait rire tous les trois. C’est de cet humour des survivants que j’ai voulu nourrir le film. Je sais aussi qu’elles chantaient à Auschwitz quand il arrivait qu’elles soient sans surveillance. Au camp, elles avaient gardé la mémoire de ces chansons yiddish, les chansons qu’elles avaient apprises de leurs mères et qu’elles chantaient pour se donner la force de vivre. Ces mélodies accompagnent le film.

L’idée qui ne m’a pas quitté était de situer leurs retrouvailles au début des années 1960, parce qu’à ce moment-là, l’époque a réellement changé : on est vraiment sortis de la guerre. Arrivent pêle-mêle les bikinis, les transistors, le twist, les couleurs vives et une immense joie de vivre, comme une libération. Je voulais confronter ces trois femmes et leur passé à cette gaieté, cette légèreté. Et imaginer le regard qu’elles pouvaient poser sur ce monde, elles qui avaient vingt ans à Auschwitz.

Jean-Jacques Zilbermann

Réalisation : Jean-Jacques Zilbermann
Scénario : Jean-Jacques Zilbermann, Danièle D'Antoni & Odile Barski
Compositeur : Eric Slabiak
Photographie : Rémy Chevrin
Genre : Comédie dramatique
Pays : France (2014)
Durée : 1h44'

Distributeur : Athéna Films

Fiche complète du film
Bande annonce du film
Feuillet du film distribué aux séances

Compétiton(s)

Festival International du Film d’Histoire de Pessac 2014

Sélection(s)

Festival du Film de Locarno 2014

Film Francophone d'Angoulême 2014

Festival du Film d’Arras 2014

La projection

  • La projection aura lieu le Jeudi 20 novembre 2014 à IMAGIX - Mons - Plan d'accès.

Infos Utiles

  • Chaque jeudi (sauf congés de Noël, Pâques & Juillet- Août) à 14h30 - 17h00 - 20h00 - 22h30 (Sauf Films Longs).
  • Les films sont projetés en Version Originale Sous-titrée en Français, sans entracte ni publicité.
  • Feuillet à toutes les séances.
  • Présentation à la séance de 20h.
  • Formule avantageuse : carnet de 10 chèques culturels, non nominatifs pour 60€.
  • Ciné-Club aussi accessible aux non-abonnés, aux prix habituels d'Imagix Mons.

Site Web du Ciné-club : http://www.ccec.be

Le CCEC est accessible à tous, même aux non-membres

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